Le décrochage scolaire se traduit par un processus, « un cheminement d’étapes qui conduiront potentiellement l’élève à se déscolariser » (selon les propos de Dominique Glasman).

Ce phénomène est d’autant plus difficile à appréhender qu’il met en cause des facteurs internes et externes à l’école qui s’accumulent et s’enchevêtrent pour amener finalement l’élève à « décrocher ». Pourtant, le décrochage comme catégorie sociale construite apparaît multiforme dans la mesure où elle concerne des situations d’élèves bien différentes : absentéisme (long, perlé) ; démobilisation et/ou déscolarisation totale.

Maryse Esterle (sociologue)

Intervention (partie 1 = Contextualisation, facteurs et situations de décrochage scolaire)

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Article (extrait)

Environ 15 % des enfants qui arrivent en sixième aujourd’hui dans les collèges ont des difficultés en lecture, en écriture et en maîtrise des opérations de base, qui font qu’ils ne sont pas en mesure de suivre la scolarité qu’on leur propose et ils ne peuvent pas entrer dans les apprentissages tels qu’ils sont constitués en disciplines. Ces élèves passent des jours, des mois, voire des années, dans la forme scolaire qui est celle du collège aujourd’hui, à devoir suivre des enseignements qu’ils ne comprennent pas. Ils vont être contraints pendant des années de respecter les adultes et leurs camarades tout en étant dans l’impossibilité de suivre les cours qui sont pourtant la raison d’être de leur présence au collège.

Passer des années à s’entendre dire qu’on est nul et qu’on n’y arrive pas et que si on n’y arrive pas c’est parce qu’on ne veut pas et non pas parce qu’on ne peut pas, est une situation qui est productrice de décrochage scolaire et de désespérance. Il arrive que les élèves qui n’ont pas le niveau requis perturbent les cours et s’en fassent exclure rapidement, ou bien soient au contraire atones, repliés sur eux-mêmes ou voire s’absentent : il est sans doute plus économique pour eux, d’un point de vue psychologique, de rester chez eux plutôt que de fréquenter l’établissement scolaire.
Lire l’intégralité de l’article « L’école en tension. La prévention du décrochage scolaire », in CEMÉA, VEN, n° 556, À propos du décrochage scolaire, octobre 2014, p. 30-35.

  • Bonnery S. Comprendre l’échec scolaire. Élèves en difficultés et dispositifs pédagogiques, Paris, La dispute, 2007, 256 p.
  • Bloch M.-C., Gerde B., Les lycéens décrocheurs. De l’impasse aux chemins de traverse, Lyon, Chronique sociale, coll. « Pédagogie Formation », 1998, 305 p
  • Thin D., Millet M., Ruptures scolaires. L’école à l’épreuve de la question sociale, Paris, PUF, coll. « Le lien social », 2012, 318 p
  • Geay B., « La construction institutionnelle de la déscolarisation », in Ville École Intégration Enjeux, n° 132, mars 2003, p. 19-27
  • Glasman D., « Quelques acquis d’un programme de recherche sur la déscolarisation », in Ville École Intégration Enjeux, n° 132, mars 2003, p. 8-18
  • Glasman D., « Le décrochage scolaire : une question sociale et institutionnelle », in VEI Enjeux, n° 122, septembre 2000, p. 10-25